Au nouveau président d’Universcience

(CA du 22 juin 2015, déclaration de Sud Culture Universcience à Bruno Maquart )

Monsieur,
Vous êtes désigné pour présider le Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie lors des 5 ans à venir.

5 ans après la création de l’EPPDCSI imposée par la RGPP, nous attendons toujours de connaître les avantages et bénéfices supposés de la fusion du Palais et de la Cité. Nous ne constatons aucune rationalisation des coûts ou des processus de travail, rien qui soit porteur d’innovation. La réorganisation de 2011 a fait la preuve de son inefficacité. De cette fusion, de cette réorganisation inaboutie et clientéliste, rien n’est advenu si ce n’est une perte d’identité et de motivation chez de nombreux collaborateurs.

Ce sentiment est partagé aussi bien à la Cité qu’au Palais, comme le montre la déclaration de la Coordination des personnels du palais.
Les attentes des personnels sont très fortes.
Nous espérons que vous êtes porteur d’un projet qui s’appuie sur une analyse critique de l’existant et soucieux de gagner la confiance et l’adhésion des salariés.
Nous attendons qu’il soit énoncé en objectifs précis et selon une méthode claire, et ce avant toute nouvelle réorganisation : nous vous alertons en effet sur les facteurs de risques pyscho sociaux liée à la réorganisation mal pensée amorcée en 2014. Il faut absolument prendre en compte le diagnostic alarmant dressé par le cabinet Catéis.

Il est urgent de renouveler un projet scientifique et culturel qui définisse la vocation du Palais et de la Cité, qui respecte et valorise leur histoire et tienne compte de leur environnement scientifique et culturel, des attentes et besoins de leurs publics, et de donner des objectifs stratégiques concrets pour mener la politique sur les 5 à 10 ans à venir.
Un projet scientifique et culturel qui rende son autonomie au Palais, qui lui permette d’affirmer ses spécificités face au projet du Palais des arts et sciences.

Aujourd’hui l’urgence est aussi de sauver la Cité face aux ambitions de Vill’up. Nous avons perdu notre bataille contre l’aménagement de la 4e travée en centre commercial mâtiné de parc de loisirs. Ce chantier, sans cesse décalé, nous aura coûté de l’argent (baisses de ressources propres, déménagements multiples, pertes de lieux de stockage et de bureaux…) et nous en coûtera encore quand nos concessions seront en concurrence (restauration, librairie…)

Et désormais ce sont nos missions et nos offres elles-mêmes qui sont soumises à une rude compétition : Vill’up met en avant des attractions spectaculaires à la pointe de la technologie : un simulateur de chute libre indoor, un cinéma de 16 salles, et Yoo Moov Station, une «agence spatio-temporelle». Nous avons appris – par voie de presse ! – que le Cnes apporterait « sa caution scientifique sur le contenu », tandis que les frères Bogdanov, « ont travaillé sur le langage scientifique à utiliser pour vulgariser le scénario de l’aventure ».
Que pensera la communauté scientifique en apprenant qu’Universcience sert indirectement de caution aux frères Bogdanov ?

On nous fait miroiter une fréquentation et donc des ressource accrues. Mais quand les clients auront dépensé 25 euros pour un parcours Yoo Moov ou 50 pour un saut en parachute, que viendront-ils dépenser dans un bâtiment vieillissant, voire has been ? La Cité court le risque de devenir une halte-garderie pour « enfants sans parents » occupés à faire leur emplette dans les boutiques vintage réservées à une clientèle de jeunes cadres tous blancs, jeunes et minces comme le prédisent les clips promotionnels d’Apsys.
Est-ce vraiment dans cet environnement de divertissement et de commerce que peut s’épanouir un Living center participatif et citoyen ?
Enfin, notre établissement possède une riche mémoire, fort malmenée aujourd’hui : on est près de brader les collections d’objets muséologiques, pourtant valorisés dans d’autres musées, et à dépecer sans discernement les fonds de la Bibliothèque d’histoire des sciences, à un moment où les citoyens ont plus que jamais besoin de s’approprier les fondamentaux de l’épistémologie de la connaissance.

Lire les autres déclarations du CA du 22 juin 2015:

Messieurs les personnes qualifiées

Au Palais de la découverte

Intervention des organisations syndicales sur la restauration collective

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