Une GPEC* sans recrutement, ni mobilité ! A Universcience, on fait l’impossible !

*GPEC : Gestion prévisionnelle des emplois et des comptétences.

Depuis le début de l’année, tous les recrutements sont bloqués à Universcience, y compris les remplacements de départs à la retraite et les congés maternité. La direction a annoncé la prolongation de cette situation de blocage jusqu’à l’été voire plus. Dans le même temps, elle pousse les organisations syndicales à signer un accord sur la *Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Paradoxe ?

Qu’est-ce qui justifie le blocage total des recrutements ?

Le rapport dit « rapport des inspecteurs » (septembre 2013), dont on ne connait pas le statut, préconisait d’alléger la masse salariale de l’équivalent d’une centaine de postes en suggérant de mettre en place un plan négocié de départs volontaires (qui pouvait garantir des indemnités de rupture de contrat attribuées dans la transparence et l’équité). La direction n’a pas choisi cette voie qui lui aurait coûté trop cher, pariant sur les départs « naturels » de plus de 100 salariés en trois ans.

La DRH a d’ores et déjà annoncé que ces objectifs de baisse des effectifs seront largement atteints et que des recrutements conséquents pourraient avoir lieu. Alors pourquoi maintenir cette mesure extrême ? La direction le justifie dans un secteur en mutation dans l’attente de sa restructuration, comme à la DBRD. Mais ailleurs ?

La direction d’Universcience aurait-elle reçu d’autres directives dont nous ne serions pas informés ?

Où nous mène cette politique du pire ?

Dans les départements et les services, le blocage total se fait durement sentir dans un contexte de restriction budgétaire qui ne permet pas, non plus, de faire appel à des prestataires extérieurs, ou à des CDD sur des tâches occasionnelles. Ce sont donc des surcroits de travail importants pour le personnel, insupportables parfois pour des équipes déjà en sous-effectifs :
Exemples :

  • à la DET, la production audiovisuelle des expositions est amputée de près du tiers de ses effectifs ; la webtv n’a plus qu’un mi-temps de monteur et qu’un mi-temps de webmaster, une journaliste n’a pas été remplacée…
  • à la DE, l’internalisation de certaines fonctions permet certes d’enrichir les tâches du personnel mais le sous-effectif dégrade les conditions de travail et augmente le stress.
  • à la DMSE, les médiateurs scientifiques perdent près de 50% de leurs effectifs (pertes des détachés à la Cité et des médiateurs-renfort au Palais).

Les femmes en congé maternité ne sont pas remplacées, ce qui va à l’encontre de l’égalité professionnelle. En effet, cela crée une forte pression sur la femme enceinte avant son départ en congé, et ensuite durant son absence, soit ses taches sont réparties entre ses collègues, soit elles ne sont pas accomplies, et dans les deux cas le poste perd de sa valeur et la salariée subit le risque de ne pas le retrouver à son retour.

Les mobilités sont elles-mêmes bloquées puisqu’il n’est pas question pour la hiérarchie de laisser partir un collaborateur en sachant qu’à coup sûr, il ne sera pas remplacé.

Quel sens a une négociation de la GPEC dans un cadre aussi contraint ?

Cet accord affiche l’ambition de maintenir l’emploi et d’éviter les licenciements, de favoriser la mobilité des personnels et de faciliter les évolutions de carrière en fonction des besoins stratégiques de l’établissement. Les partenaires sociaux arrivent au terme de la négociation d’un accord GPEC auquel Sud Culture Solidaires a participé activement.
Or, il y a un grand paradoxe à demander aux organisations syndicales de signer un accord sur la GPEC dans un cadre qui ne permet pas de la mettre en place. Les mobilités et les internalisations d’activités nécessitent un minimum d’embauches au moins pour permettre les jeux de taquin entre activités.

Sud Culture Solidaires est exclue de la signature de cet accord puisque la direction a inscrit la négociation de la GPEC comme révision de l'accord collectif du 1er avril 2011, alors même que ce dernier accord ne contient aucune disposition sur la GPEC.
 Seules les organisations syndicales représentatives ayant signé l'accord initial peuvent conclure un avenant de révision.
 Sud Culture Solidaires est une organisation représentative des salariés ayant recueilli plus de 15% des suffrages lors des dernières élections professionnelles. A ce titre, notre organisation peut conclure des accords collectifs de travail.
 Toutefois, la définition de l'accord de GPEC comme avenant de révision (alors qu'il n'en réunit aucune des caractéristiques) a pour effet d'empêcher Sud Culture Solidaires d'y apposer sa signature. Sud Culture Solidaires conteste cette situation et a décidé de porter l'affaire en justice pour faire valoir ses droits.

L’accord GPEC doit avoir pour ambition de donner au personnel une visibilité sur l’évolution de leurs métiers afin qu’ils puissent se positionner en toute connaissance de cause.
Sud Culture Solidaires demande à la direction de débloquer cette situation d’asphyxie.
Sud Culture Solidaires refuse cette pénurie de postes qui conduit déjà à la polyvalence non reconnue et à la flexibilité, aux surcharges de travail et au stress.
Sans avoir l’assurance de la reprise des embauches et des mobilités, il ne peut y avoir de GPEC !

En savoir plus sur la GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, sur le site du ministère.

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