L’apocalypse, c’est maintenant !

Plus que jamais la culture est menacée dans l’Europe entière (franceculture.fr).
L’austérité est à l’œuvre : – 35 % de subventions publiques en Grèce, disparition du ministère de la Culture en Espagne, fermeture des bibliothèques en Grande Bretagne… En toile de fond, un nouveau discours fascisant s’impose : la culture est un luxe face aux « vrais besoins », les subventions publiques ne servent à rien, sauf à entretenir des parasites de la société.
En France ? en 2013, le budget de la Culture chiffré à 2,43 milliards d’euros recule de 4,3%, de 7,5% même à l’horizon 2015. Le Projet de loi de finance impose aux opérateurs de l’Etat des « efforts de maîtrise des dépenses publiques en fonction de leurs capacités ». Les plus gros subiront un « prélèvement exceptionnel » sur leurs réserves de trésorerie.
Pour Universcience, cela se traduit par une baisse immédiate de 8 millions d’euros en fonctionnement et de 12 millions en investissement, avec un impératif : réduire la masse salariale,et donc baisser le nombre de ses emplois à raison de 20 par an pendant 3 ans.
Comme il n’y aura pas 60 départs à la retraite d’ici 2015, que va faire la direction ?


L’expert du Comité d’entreprise (rapport Secafi) estime que l’EPPDCSI est mal préparé à subir les restrictions budgétaires à venir.

Dans ce nouveau contexte national, qu’attend encore le pays de la Gouvernance de la culture scientifique ?
Quels bénéfices professionnels, institutionnels ou financiers, l’établissement peut-il valoriser sur ces deux années de cette gouvernance contestable (site de Marie-Christine Blandin EELV) ? Quels moyens internes ont été réellement mobilisés ? Après deux ans, peut-on nous exposer un bilan critique constructif ?

Ce que nous savons déjà :

Les projets de grand emprunt Estim, In-médiats sont une gabegie, elle était annoncée.Le portail web grand public de la culture scientifique est abandonné, la Cité du jeu vidéo n’a pas de financement assuré, plusieurs chefs de projets ont quitté le navire
On se replie sur un portail professionnel à destination des principaux acteurs de la culture scientifique et technique en région… qui n’en ont pas besoin. Parions que cela servira surtout à la refonte
des sites d’Universcience.

Effacement progressif de nos établissements
Palais de la découverte : la direction d’Universcience peut-elle démentir au plus tôt la rumeur d’une fermeture du Palais en 2015, pourla rénovation et la réaffectation des espaces du Grand Palais, indispensable au projet Cluzel ? Nous lui posons la question.
La 4ème travée commerciale :
la Cité est vendue à la découpe au mépris de toute mission culturelle, et sans garantie de retombées financières. La redevance perçue ne permettra pas de financer de nouvelles expos, et la hausse de fréquentation envisagée au mieux en 2015 pour la Cité reste hypothétique.
Universcience est-il en mesure de se positionner en Société commerciale immobilière ou se fait-il balader par des acteurs financiers plus expérimentés en détournements de fonds publics ?

Universcience serait plus dans son rôle en ajustant son propre Projet scientifique et culturel (PSC) aux difficultés actuelles. Dans les axes prioritaires du PSC 2010 figuraient entre autres :
La formation tout au long de la vie : dans ce cas, donnons à la Cité des métiers les ressources suffisantes pour accueillir ses publics, animer son réseau, mener à bien les projets pour lesquels elle obtient régulièrement des financements européens ?
Susciter des vocations scientifiques : de quel droit inciter des jeunes à aller dans cette voie, lorsqu’on sait à quel point les chercheurs (blogs.liberation.fr) ont peine à pérenniser leurs emplois, trouver des crédits et à mener leurs recherches… sinon dans le secteur des boissons beauté (Rue89.com).
Universcience (« marque » qui va bientôt disparaître des affiches pour n’être qu’un siège social) devait être un lieu où les citoyens doivent se faire une opinion sur les choix scientifiques et technologiques de notre société. Mais pourquoi tant de conférences d’experts mais aucun débat contradictoire (santé, écologie, énergie, NTIC…) ?

Lors de sa refondation en 2008, la Bibliothèque se demandait quel devait être son public. En septembre 2012, sa direction doit rendre un projet sur la Bibliothèque 2015, et se demande toujours quel doit être son public ! Quant au rapport mené par l’inspection de la Culture, sa publication est aujourd’hui soumise à l’autorisation du ministère.

Quels sont les coûts de telles incompétences ? Quels sont les coûts des rapports extérieurs palliant l’inconséquence des directeurs concernés ? quand le départ des conseillers privés, spéciaux, et grassement rémunérés,le gel des 10 plus hauts salaires (qui ont bénéficié de plus de 11% d’augmentation en 2011), l’arrêt des études inutiles, déjà faites ou qui ne servent à rien…

Nous demandons un resserrage concret et opérationnel des plans sur la comète.
Nous dénonçons une déprofessionnalisation générale dans les intentions, les ambitions, les préconisations, un manquement au service public et l’autogenèse d’un terrain à haut risque psycho-social.

En 2009 déjà, se succédaient des droits d’alerte à la DMT, à la BSI, à la DRH… En 2010, les salariés ont été aussi malmenés par la fusion et la réorganisation. Aujourd’hui au cœur de la tourmente, c’est la DFJ qui implose, entraînant les fournisseurs non payés dans une spirale infernale. Combien auront déposé leur bilan fin 2012 ? Et combien de salariés anéantis ?

Le niveau d’anxiété et de danger ne peut que croître, il en va de la responsabilité collective de regarder les choses telles qu’elles sont et de ne pas alourdir par le vide une situation déjà très chargée sur les risques psychosociaux.

Nous demandons une communication d’urgence de la Direction en présence de tout l’établissement sur le projet collectif et le recentrage budgétaire !

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