Quand la souffrance entre dans les mœurs

Qui peut se plaindre alors même qu’il a la chance de travailler pour la Cité des Sciences ?
Affiche du fiilm J'ai (très) mal au travail75% des salariés français se disent stressés : qu’en est-il pour les salariés de la CSI ?

Il y a bien de la souffrance à la CSI :

  • une souffrance physiologique (qualité de l’air dans les espaces de travail, nuisances sonores),
  • une souffrance morale (harcèlement, pressions, déni, menaces de sanctions, sanctions),
  • une souffrance mentale et physique (stress, surcharge de travail).

Comment en est-on arrivé là ? L’histoire est longue et complexe et nous avons tous pu constater que le contexte collectif s’est dégradé ces dernières années.
Les mutations d’un projet d’établissement culturel vers une politique commerciale, l’augmentation des pressions managériales d’un étage à l’autre de la hiérarchie, ont notamment conduit à un repli général et aujourd’hui au repli individuel.

Se plaindre ou pas en 2008 ?

Trois exemples concrets de souffrance déclarée :

• Les équipes de logistique : du quai de déchargement à la direction des expositions, c’est toute une chaîne logistique qui intègre et démonte les expositions et autres événements de la CSI ou du CCV.
Dès le mois de juillet 2007, les remplacements ont commencé à être notoirement insuffisants au sein de ces équipes. La surcharge de travail a épuisé les salariés. L’un d’entre eux a craqué à de multiples reprises avant de s’effondrer.
Aujourd’hui, en dépit des alertes, plusieurs salariés de cette chaîne subissent toujours une surcharge de travail liée au manque de personnel et à l’absence d’une organisation fonctionnelle efficace.

  • Les + : La décision de monter une cellule d’écoute et de prévention de la détresse au travail (le bémol : cela s’est fait sans aucune consultation du CHSCT).
  • Les – : D’autres équipes absorbent des charges de travail trop élevées liées aux non remplacements et ce, sans aucune reconnaissance de leur travail (DARI, CN, CDM, DE, DAC, DSS…)

• Le bâtiment Nadar : depuis 2006, plusieurs personnes sont tombées malades à cause de l’atmosphère irrespirable de leurs locaux de travail.
Récemment la circulation d’air a été en panne 10 jours, l’air n’était pas renouvelé dans les bureaux : l’évacuation générale du bâtiment a été refusée et la direction a persisté à ne pas appliquer la législation. La parole des salariés est mise en doute et l’autocensure est active.

  • Les + : Un plan de charge pour une réhabilitation doit être étudié en mai 2008. Les salariés pourraient déménager dans un bâtiment construit à l’horizon 2010-2012.
  • Les – : Des salariés dont la santé est cassée et leur travail mis en danger en dehors du bâtiment. D’autres problèmes d’aération et de qualité de l’air émergent partout dans la CSI : Magellan, médiathèque, locaux sociaux, Meliès, travée B (partie ouest du bâtiment CSI, la travée A n’existant pas)…

• Les pressions de la DRH et des responsables hiérarchiques : dans toutes les directions, les responsables hiérarchiques sont sous hautes pressions et n’hésitent pas à les transférer à leurs équipes. Des cas de harcèlement, d’infantilisation, de déresponsabilisation, de déqualification existent depuis quelques années.
Détresses, déprimes, dépressions, colères, crises de larmes et de nerfs, consommations abusives d’alcool ou d’anxiolytiques, sont constatées quotidiennement et progressent dans la CSI.

  • Les + : L’expertise CHSCT sur la 4ème travée a déjà fait remonter le constat « d’une institution menacée d’asphyxie sociale tant le climat des relations y est lourd ».
  • Une démarche de prévention de l’alcoolisme doit se déployer à partir de juin 2008 (suite aux demandes des DP en 2006 et du CHSCT en janvier 2007).
    Les différents médecins du travail ont pu constater des situations très inquiétantes et un rapport sur le stress à la DSTSSI est en cours de rédaction par notre médecin.
  • Les – : Nous sommes démunis pour soutenir nos collègues

Il y a trop de complaisance à l’égard de ceux qui déshumanisent les relations au sein de l’établissement, négligent l’écoute et portent atteinte au respect des personnes. Nous nous devons tous d’être plus exigeants face à la dégradation du contexte collectif et ce au regard des grands changements annoncés : 4ème travée, rénovations, Palais de la Découverte…

Les syndicats sont à la même enseigne que les salariés, car la qualité du dialogue social est plus que mauvaise, les questions humaines ne sont jamais considérées comme prioritaires par la direction.
Les élus au CHSCT s’efforcent d’exercer une vigilance continue sur les conditions de santé physique et mentale tant collectives qu’individuelles et ce, pour tous personnels de l’établissement.

Sud lance un appel à tous les syndicats pour un débat autour de la cellule d’écoute de la Direction et/ou d’une expertise du CHSCT.
Ses élus au CHSCT, au CE et DP travailleront avec l’ensemble des acteurs de la CSI en alerte et prévention sur la souffrance au travail.

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